La partie la plus méridionale de l'île.

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Irlande - Mizen Head et Sheeps' Head
de Greg, le 07-09-2008

La partie la plus méridionale de l'île.

Dimanche 7 septembre 2008 :

La veille, nous avons décidé de faire une petite balade. Nous avons un logement, c’est le week-end: autant en profiter. Alex voulait aller à Killarney mais je préférais voir la verte nature et les falaises irlandaises.

C’est donc, après avoir lu et relu le guide du routard que j’ai choisi Mizen Head. Le choix a été entériné à l’unanimité le samedi en fin d’après midi.

Le réveil, vers 11h, est un brin difficile du fait d’une toute petite soirée avec le colocataire. Nous décidons de partir quand même et de déjeuner sur le chemin lorsque nous arriverons près de l’océan. Une fois que la salade et les affaires sont prêtes, c’est le départ.

Nous prenons la route, je prends évidemment garde à « keeping my left ». Une fois Clonalkilty passé, il est environ 14h, nous prenons la première route à gauche, direction la mer. Le but étant de se restaurer au bord de l’eau. Au détour d’un chemin, nous voyons une jolie baie et en cherchant, nous trouvons un joli coin au milieu des rochers.
Une fois repus, nous continuons notre chemin vers Mizen Head, en passant par la "coast road": la route longeant la côte. Nous arrivons à destination vers 16h30, 17h après avoir fait environ 30 ou 40 km sur des routes minuscules où nous roulions à moins de 40 km/h. Heureusement que le paysage en valait la peine.

Avant de partir à l’aventure, nous recherchons un endroit où dormir. Le premier B&B est plein, nous sommes un peu déçus car il est extrêmement bien situé et la vue y est imprenable. Nous avons un peu plus de chance avec le second. La vue est moins jolie mais elle est quand même tout à fait exceptionnelle (voir photos). Nous sommes à Crookhaven, la seule petite déception, c’est le fait que le B&B ressemble davantage à un petit hôtel qu’à une maison d’hôte.

Il est environ 17h30, nous partons pour une petite balade à pied. Nous nous dirigeons vers la plage devant laquelle nous sommes passés: Galley Cove. Après la balade, il est temps d’aller manger. Ici, et surtout dans les petits villages, ils ne servent à manger que jusqu’à 19h voire 19h30. Nous avons vu dans le guide du routard un petit pub dans lequel le gérant est francophone et où la nourriture est bonne.

Nous rentrons dans le pub donnant sur le petit port. Le gérant vient prendre la commande dans un français impeccable, dépourvu d’accent, à tel point que nous lui avons demandé s’il était Français.

Nous avons commandé deux seafood chowders (soupe de poisson) avec de gros morceaux de poisson, une assiette de sandwichs au saumon fumé (salade et sandwichs de pain de mie au saumon fumé) et un tosted special (sandwichs de pain de mie toastés avec fromage fondu, oignons, tomates et jambon). Tout cela fût un plaisir à déguster.
Pour le dessert, il faut bien tout essayer, nous prenons des scones: un au beurre et l’autre à la confiture et à la crème (une crème très épaisse et très onctueuse) et un crumbble absolument délicieux à la pomme et à la rhubarbe.

Nous rentrons au B&B où nous avons vu la finale de Hurling (sport gaëlique que l’on ne voit qu’en Irlande).




Lundi 8 septembre : Chez les "midges"

Réveil à 7h30, le déjeuner est servi à 8h30 et il faut le temps de s’y préparer aussi bien physiquement que mentalement.
Tout commence avec le thé (ou café) suivi d’un bol de céréales puis d’une assiette très fournie de bacon, morceaux de boudins (1 blanc et 1 noir), œuf, « pain » et saucisses. C’est assez étrange de manger de cette façon le matin, mais c’est possible et pas si désagréable.

Il est 9h30, nous quittons le B&B direction Mizen Head. Arrivés sur place, le spectacle est assez incroyable. Les falaises sont acérées et hautes d’environ 40, voire 60 mètres par endroit. Le musée n’ouvre qu’à 10h et nous sommes les premiers. Il faut le ticket du musée pour pouvoir accéder au phare qui est au bout de la péninsule.
La visite du musée est rapide car pas très intéressante. Direction les choses sérieuses et le grand spectacle.

Nous nous approchons de plus en plus du phare et les falaises sont de plus en plus étonnantes, nous sommes tout près du vide… Nous traversons le pont situé entre deux morceaux de terre à environ 40 mètres de l’eau pour arriver au phare. La visite du phare est également rapide, rien de spécial. Je ne vais pas décrire plus le paysage, les photos le feront mieux que moi. (Avant de partir, petit test des jumelles à touristes avec un jeton de caddy)


Nous repartons direction une 2ème péninsule plus au nord : Sheep’s Head.
Le trajet en voiture est encore une fois un régal grâce au paysage traversé et non aux minuscules routes que l’on emprunte. Au détour d’un chemin, je m’arrête au pied d’une petite « montagne ». J’ai très envie de grimper afin de découvrir le paysage avec un peu de hauteur. Alex est parfaitement contre mais elle ne parvient pas à m’en dissuader. Le sommet a l’air tellement proche et en même temps tellement haut que j’en ai très envie. Je me lance à l’ «ascension», ça avait l’air plus simple. La montée est ponctuée de petits plateaux qui sont presque marécageux. Je m’enfonce dans l’herbe jusqu’en haut des tibias, c’est assez éprouvant: j’ai l’impression de marcher dans 30 cm de poudreuses. Une fois en haut, la voiture est minuscule en comparaison au large panorama qui s’offre à moi. Un quart d’heure vient de s’écouler, il est temps de rentrer. J’imagine Alex, dans la voiture en train de m’excommunier. 20 minutes après l’avoir quitté, je suis dans la voiture tout à fait réchauffé par le mini périple. Alex m'avait simplement filmé et profité du break pour faire ses ongles...

Nous repartons direction Durrus, pour se restaurer, il est environ 15h. Nous n’avons pas tellement faim (du fait de l’Irish Breakfast) mais il faut bien tenir jusqu’au soir. Nous choisissons ce pub (le Long Boat) car c’est le seul endroit qui propose de la soupe de poisson.
Nous commandons la légère soupe de poisson. Nous attendons. Cinq minutes après, la personne revient pour nous dire qu’il n’y a plus de soupe de poisson. Alors qu’on l’avait choisi que pour ça !!!! Nous choisissons donc une soupe de légume pour Alex et une salade de Saumon fumé pour moi.

Après une relative longue attente, nous sommes, enfin, servis. Pendant que nous commençons à manger, un petit groupe se forme juste à côté de nous pour jouer au billard. Et là, nous nous sommes crus dans un asile. Ils avaient quasiment tous des têtes particulièrement insolites qui nous ont fait penser qu’il y avait certainement quelques traces de consanguinité dans le village. De plus, ils communiquaient dans un anglais tout à fait étrange. Ça m’a fait penser très fortement au film Calvaire, un film français très noir, particulièrement flippant et impressionnant de réalisme. Il nous tardait d’achever le repas, nous nous sentions un peu mal à l’aise.
Après cette aventure pittoresque, nous repartons direction la pointe de la péninsule de Sheep’s Head. La route ressemble plus à un petit chemin goudronné qu’à une vraie départementale bien de chez nous. Nous arrivons finalement au bout de la route. Si nous voulons voir la pointe, il va falloir continuer à pied. Nous décidons de faire le chemin, pensant que ce serait rapide. Nous marchons.

Sur le chemin, battu par un vent frais très rapide, je grimpe sur des cailloux pour regarder le paysage et là, à ma grande surprise, je suis juste au bord de la falaise, avec quelques 40 mètres sous mes pieds. C’est impressionnant !
Après 45 minutes de marche(et une glissade sur les rochers qui a failli coûter la vie à l'appareil photo à cause des rebonds sur les cailloux, heureusement qu'elle est solide la bête : Sony, c'est pas si pourri), nous arrivons à la pointe. Nous échangeons quelques mots avec un couple de personnes âgés (un anglais et une allemande) qui ont eu la même réflexion que nous. Tout ce chemin pour un si petit phare!
Après avoir pris quelques photos (moutons funambules, falaises, des choses classiques finalement), nous décidons de repartir. Deux possibilités s’offrent à nous. Repasser par le même chemin : le choix d’Alex. Ou bien essayer l’autre sentier (balisé) : mon option. Alex accepte d’autant plus facilement que la vieille dame, l’Allemande, vient de partir par là depuis déjà quelques minutes laissant son mari à son triste sort.

Le sentier est assez facile. Il suit le deuxième bord de la péninsule. Nous rattrapons rapidement la vieille femme. Là encore, le paysage est exceptionnel et le nombre de moutons également. Après une bonne demi-heure de marche, la pluie commence à tomber. Le sentier devient rapidement très boueux. Il y a même des endroits que nous ne pouvons pas traverser car bien trop marécageux pour nos petites baskets. Le trajet est de plus en plus périlleux.
A deux ou trois reprises, j’évite à la mamie une chute inéluctable. Tout le monde commence à s’impatienter de ne toujours pas voir le parking. Au bout d’une heure, le sentier devenant plus praticable, je prends les devants pour essayer de trouver un endroit où franchir la crête afin de retrouver l’autre côté de la péninsule et par la même occasion le parking. C’est à ce moment là que je rencontre afin un panneau nous donnant l’exact endroit où nous nous trouvions et le chemin à suivre pour rejoindre le point de départ. Il faut passer la crête, le chemin est donc plus escarpé encore. C’est à partir de ce point là que j’ai traîné la vieille et que de tous petits insectes se sont réveillés. Des insectes de la taille de moucheron mais des moucherons coriaces, voraces et agressifs. On dirait qu’il s’attaque à nous. J’en ai plein le visage et les oreilles ! Putain, voilà que j’en ai un dans l’œil, nom d’une pi… en bois !!!

Et la vieille qui se traîne de plus en plus !!! Nous sommes obligés de l’attendre, "on ne va pas la laisser là" me dit Alex après que je lui ait demandé si c’était une bonne idée de se casser en courant de cette embuscade.
C’est après 1h30 de marche dans la boue, sous la pluie, avec un boulet et sous une nuée de carnivores que nous achevons le retour. Soit deux fois plus que l’aller !

Pas plutôt arrivés, Alex attrape des affaires de rechange dans le sac, je vais me rincer l’œil, le vieux mari inquiet s’excuse et se confond en remerciements et nous foutons le camp en zigouillant tous les passagers clandestins indésirables, les midges, et dont l’appétit est tellement grand que nous ou eux sont de trop dans cette voiture. Le plus énervant était d'avoir l'impression que la vieille ne les sentait même pas.
C’est en pantalon de pyjama pour moi et en chaussettes pour Alex que nous sommes rentrés à Cork, mais au moins, nous étions au sec.
Notre prochain achat sera des chaussures de marche étanche pour nous deux.

Les petites bêtes en question, « midges », nous avaient effectivement été présentées dans le guide du routard (leur aspect ainsi que leur réputation) mais elles n’étaient censées se montrer que du 20 juin au 20 juillet environ (période intense) et de manière beaucoup plus rare en août or nous sommes en septembre dans le froid et sous la pluie…
Nous sommes le 14/09 soit 6 jours après et la dizaine de boutons sur les bras n’ont pas encore disparus et ne me démangent plus depuis avant-hier environ.


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